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Le Pont Transcouleur n° 99, octobre 2015

vendredi 30 octobre 2015

[Edito]Migrants et réfugiés, tous des êtres humains !

"Les réfugiés représentent des ressources humaines, des expériences et des compétences. Les réfugiés sont nos futurs conjoints, meilleurs amis, notre prochaine âme sœur, le batteur dans le groupe de musique de nos enfants, notre nouveau collègue, Miss Islande 2022, le charpentier qui va finalement réparer la salle de bain, le chef cuisinier de la cafétéria, le pompier, le hacker et le présentateur de télévision. Des gens à qui on ne pourra jamais dire : « Ta vie a moins de valeur que la mienne » (Bryndís Björgvinsdóttir, écrivaine islandaise. – Facebook et le Monde 3 septembre 2015)

L’année 2015 restera marquée par les drames qui ont jalonné les routes des migrants, ceux qui ont fui la guerre en Syrie, en Irak, en Erythrée…, ceux qui essaient d’échapper au chaos libyen, tous ceux qui espèrent que leur vie n’est pas vouée à la misère, au désespoir et à une mort prématurée.

Avec eux, nous avons souhaité que les pays d’Europe oublient leurs égoïsmes nationaux pour les accueillir dignement.
Nous sommes persuadés que c’est possible, qu’il y a de la place pour eux. Nous saluons l’Allemagne qui a su ouvrir ses portes largement, avec humanisme, même si le patronat allemand encourage cet accueil par intérêt économique.

Hélas, les frontières entrouvertes se sont bien vite refermées ! Les arguments xénophobes ont vite fleuri, tant aux niveaux gouvernementaux que dans les média.

Nous ne pouvons pas davantage accepter la distinction entre « réfugiés » et « migrants économiques » . Les premiers mériteraient à la rigueur d’être protégés ; les seconds doivent être impitoyablement refoulés vers leurs pays d’origine. Les gouvernants auraient-ils la mémoire si courte, qu’ils aient déjà oublié les guerres qui ont ravagé et ravagent encore l’Afrique subsaharienne avec leurs cortèges de misère, de violences ? Ignorent-ils que la corruption et l’absence de démocratie rendent la vie infernale dans beaucoup de pays de l’Europe de l’Est, du Caucase à la Tchétchènie ?

Nous accueillons dans nos permanences des personnes qui sont en France depuis des mois, sinon des années. Elles espèrent dans une angoisse permanente accéder au statut de réfugié ou obtenir le titre de séjour qui leur permettra enfin d’envisager de vivre en paix, d’accéder aux droits auxquels peuvent prétendre tous les êtres humains.

Le MRAP exige que le gouvernement français mette en place des solutions durables pour :
respecter le droit d’asile et accueillir les réfugiés, qui aujourd’hui, errent de frontière en frontière, entre barbelés et champs de mines ;
régulariser tous les sans papiers présents en France, en leur donnant le titre de séjour qui leur permettra de vivre et de travailler. Le MRAP demande le rétablissement de la carte de résident de 10 ans,.
C’est possible, c’est nécessaire, pour que notre pays puisse continuer à se déclarer respectueux des droits humains.

Françoise Thoumas

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