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[Ouest-France] : "Les réfugiés du Daghestan peuvent rester Ilmiyamin et Madina Tatayev, accompagnés de leurs quatre enfants"

jeudi 29 novembre 2018

Les réfugiés du Daghestan peuvent rester

Ilmiyamin et Madina Tatayev, accompagnés de leurs quatre enfants, ont été chaleureusement accueillis au Garage par leurs soutiens, ce jeudi 29 novembre.

Ilmiyamin et Madina Tatayev, accompagnés de leurs quatre enfants, ont été chaleureusement accueillis au Garage par leurs soutiens, ce jeudi 29 novembre.

OUEST-FRANCE
Martin HERNOT.
Publié le 29/11/2018 à 18h52

Menacée d’expulsion, la famille Tatayev, épaulée par le collectif Unis contre une immigration jetable, a finalement obtenu le droit de séjourner dans le territoire français.

Après trois ans de procédures et d’incertitudes, la famille Tatayev est soulagée. Le couple et ses quatre enfants ont finalement obtenu leurs cartes de séjour, leur permettant de rester un an dans le territoire français.

Pour l’occasion, le collectif Unis contre une immigration jetable (Ucij), qui l’a soutenue et accompagnée dans

les démarches administratives, a organisé un pot de l’amitié ce jeudi 29 novembre. Très timides, les Tatayev se tiennent discrètement en marge de l’assemblée. Madina, la mère, livre tout de même ces quelques mots dans un français approximatif : « Je voudrais dire merci à tout le monde. De tout mon cœur. »

Cette famille originaire du Daghestan, une république russe du Caucase à la frontière avec la Tchétchénie et marquée par les conflits armés entre fondamentalistes islamistes et les forces de l’ordre, est arrivée en France en 2015 pour fuir les tensions politiques.

« On a eu de la chance »

Logés illégalement à Saint-Nazaire depuis leur arrivée, ils avaient été déboutés de leur demande d’asile et avaient accepté de retourner au pays, mais ils s’étaient ravisés après avoir reçu une convocation devant un juge du Daghestan. Ils avaient alors demandé un réexamen de leur cas. « On a l’impression que ce sont les pays tortionnaires qui doivent eux-mêmes envoyer les preuves qu’ils le sont » , réagit Augustin Grosdoy, membre de l’Ucij.

Entre-temps, en février 2016, la préfecture de Loire-Atlantique leur adressait une obligation de quitter le territoire français. « C’est là que nous sommes entrés en scène » , explique Augustin Grosdoy. En novembre de la même année, l’expulsion était prononcée. « On a eu de la chance, la police n’est jamais venue, déclare Marie-Elisabeth Allaire, du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers. Mais ça ne sera pas toujours le cas. »

Une pétition est alors mise en ligne – elle recueillera 1 200 signatures – par l’Ucij, puis trois des quatre enfants bénéficient d’un parrainage républicain par des élus PCF et EELV. « On regrette que pour la première fois, le parrainage d’un enfant de 13 ans soi-disant trop âgé, ait été refusé » , avance Augustin Grosdoy. « Avant les Tatayev, on l’autorisait jusqu’à 18 ans », précise Marie-Elisabeth Allaire.

Soulagement

Finalement, la détermination va payer : en septembre, ils obtiennent leurs cartes de séjour, payées par le collectif. « Ces cartes coûtent environ 600 € par personne (mineurs exceptés), détaille Marie-Elisabeth Allaire. Mais tant qu’ils ne les ont pas, ils ne peuvent pas travailler. Comment l’État pense qu’ils vont les payer ? »

Les Tatayev ont depuis obtenu un logement social. Un soulagement pour l’Ucij. « D’expérience, après une première obtention d’une carte de séjour, il est rare qu’il y ait un retour en arrière » , explique Augustin Grosdoy. Le collectif va donc pouvoir souffler. Ou pas. « Pour nous, le combat n’est pas terminé. On a une famille albanaise qui se trouve dans la même situation. »